société

Mercredi 6 août 2008 3 06 /08 /Août /2008 17:16



Dix raisons pour l’arrêt du financement des projets miniers, gazier, et pétrolier par la Banque Mondiale

 

 

septembre 2000,
Prague - Septembre 2000

Assemblée générale de la Banque mondiale

A l’occasion de l’Assemblée Générale de la Banque mondiale à Prague, plus de 200 ONG de 55 pays se mobilisent pour obtenir un moratoire sur le financement de l’exploitation pétrolière, gazière et minière par la Banque mondiale, et proposent des alternatives concrètes.

1. Les démunis payent souvent le prix le plus fort

La destruction écologique et la déstructuration sociale qui accompagnent les projets miniers, gazier, et pétroliers nuisent avant tout aux plus pauvres. Ce sont eux qui risquent le plus d’être expulsés de leurs terres et de perdre leur logement dans le cadre de ces projets. Ce sont eux qui risquent de vivre dans un environnement pollué et qui disposent le moins de capacités pour exiger une compensation équitable ou une part des revenus tirés des projets. Ce sont eux qui dépendent le plus des ressources naturelles locales pour s’alimenter et assurer leur subsistance ; ce sont eux qui risquent le plus de souffrir lorsque l’aide publique est détournée des secteurs sociaux pour financer les industries extractives.

2. Les communautés indigènes sont mises en péril

L’exploitation minière, gazière, et pétrolière a brisé un grand nombre de communautés indigènes à travers le monde, contribuant à leur disparition, détruisant leur territoire, leur moyens d’existence, et leur identité culturelle. Du bassin amazonien à l’Asie, le mode de vie de ces peuples repose sur des traditions séculaires et une interdépendance avec l’écosystème dans lequel ils vivent. Pour les communautés indigènes, les industries extractives signifient souvent la perte de leurs droits à l’autodétermination, à leurs terres, et à leurs moyens d’existence.

3. Ils contribuent à la déforestation et à la disparition de la diversité biologique

Des forêts boréales de la Sibérie aux mangroves de l’Afrique Centrale et aux forêts humides du bassin amazonien, les projets miniers, gaziers, et pétroliers menacent des forêts précieuses, causent des dommages irréversibles aux écosystèmes, et appauvrissent la diversité biologique. La prospection du pétrole et du gaz, l’exploitation minière et les nouvelles routes nécessaires aux explorations menacent des forêts dans des pays où la situation est explosive, notamment dans la partie extrême orientale de la Russie, en Amérique Latine, et en Afrique de l’Ouest. L’exploitation des mines de charbon en Inde menace de détruire le dernier habitat des tigres en voie de disparition.

4. Ils contaminent les communautés

L’exploitation du pétrole, du gaz, et des mines joue un rôle majeur dans la dégradation écologique, et ce même dans les pays plus riches où le système de protection de l’environnement est plus fermement établi. Dans les pays plus pauvres aux normes environnementales moins développées et à la moindre capacité de surveillance, les risques de pollution de pétrole, d’émissions toxiques, et de contamination est considérablement plus élevée. Les autorités publiques et les communautés sont moins équipées pour limiter les dommages. Entre1982 et 1992 la filiale de Shell au Nigeria a déversé environ 6,048 millions de litres de pétrole dans le delta du Niger à cause de fuites d’oléoducs. Les fuites, les explosions de gaz, la gestion inadéquate des déchets, et les accidents dans les mines entraînent des émanations toxiques qui peuvent être dangereuses pour l’homme et polluer les nappes phréatiques, les terres agricoles, le bétail, et les ressources halieutiques.


 

5. Ils lèsent les femmes

Les femmes supportent souvent une part disproportionnée des dommages provoqués par les industries extractives. Elles ne sont pas souvent conviées aux procédures de consultation bien qu’il leur incombe de veiller au bien-être de leur famille. Leur vie est rendue plus difficile à cause de la pollution des industries exploitant les ressources naturelles dont elles et leur famille dépendent, notamment une eau potable propre et le bois de chauffe pour la cuisine.

6. Les industries extractives sont souvent liées à la violation des droits de l’homme

Du déplacement sous la contrainte à la répression brutale et quelques fois mortelle de ceux qui ont l’audace d’exiger un juste dédommagement, la réparation et une remise en état de l’environnement dégradé, la recherche effrénée du profit tiré des combustibles fossiles et des minéraux a trop souvent conduit les autorités publiques et les groupes multinationaux à violer les droits de l’homme. La lutte des Ogoni du Nigeria pour la le respect de leur terre par l’industrie pétrolière, ou les demandes des Amungme de l’Irian Jaya en Indonésie aux exploitants de la plus grande mine de cuivre et d’or du monde pour un traitement et une compensation équitable en sont des illustrations. Toutes à la recherche du profit, ces industries sacrifient souvent les droits de l’homme et des communautés.

7. Elles entretiennent des relations privilégiées avec des dictateurs et des autorités publiques corrompues

L’exploitation du pétrole, du gaz et des minerais est souvent réalisée dans des pays qui subissent la corruption et des régimes autoritaires. Que ce soit en Russie, en Colombie, en Indonésie ou au Nigeria, les gouvernements répressifs forment souvent des alliances avec des entreprises multinationales ayant des intérêts dans les industries extractives. Transparency International, une ONG qui lutte contre la corruption, classe depuis deux ans le Cameroun comme la nation la plus corrompue au monde. Malgré cela, la Banque Mondiale allègue toujours que le développement du pétrole profitera aux plus démunis dans ces pays, et s’apprête à financer un projet d’exploitation pétrolière de plusieurs millions de dollars au Tchad et au Cameroun.

8. Soutien aux multinationales

Les bénéfices des entreprises multinationales dans le secteur minier et pétrolier sont souvent si importants, que les revenus des pays emprunteurs de la Banque Mondiale paraissent minuscules en comparaison. Le meilleur exemple est le projet d’oléoduc entre le Tchad et le Cameroun que la Banque mondiale a décidé de financer. Exxon, a des bénéfices annuels quatre fois plus importants que le budget du Cameroun et quarante fois celui du Tchad. Bien qu’on présente ces investissements comme le financement du développement permettant la réduction de la pauvreté à long terme, neuf fois sur dix ils profitent d’abord et surtout aux multinationales dont le siège social se trouve dans les pays industrialisés. Ces multinationales sont riches et n’ont pas besoin de l’argent de l’aide au développement en constante réduction. De plus, lorsque la Banque subventionne ces groupes gigantesques sous le prétexte qu’elle aide les démunis, elle détourne en réalité de l’aide dont ont beaucoup besoins les plus pauvres.


 

9. Les industries extractives alimentent le changement climatique

Les combustibles fossiles sont la cause principale du changement climatique ; leur utilisation doit être progressivement arrêtée. Le changement climatique fait déjà beaucoup de tort aux plus démunis dans les pays en voie de développement et menace d’aggraver encore leur situation. La Banque Mondiale devrait montrer l’exemple en soutenant les économies d’énergie et les énergies renouvelables, maximaliser l’efficacité énergétique et non pas exploiter les ressources naturelles pour en extraire les combustibles les plus sales qui déstabilisent le plus le climat. Les sommes investies par la Banque Mondiale dans les projets portant sur des combustibles fossiles sont 25 fois supérieures à celles investies dans les énergies renouvelables. Plutôt que de prendre des mesures d’envergure visant à résorber le changement climatique, la Banque Mondiale est actuellement en train de lancer un programme de commercialisation des émissions carbone qui menace de subventionner encore plus l’industrie fossile déjà lourdement subventionnée.

10. Le financement des projets pétrolier, gazier, et minier augmente la dette et la dépendance des pays pauvres

Le développement des secteurs pétrolier, gazier, et minier engage les pays dans la voie de l’endettement et de la dépendance de l’aide extérieure. Ayant désespérément besoin de devises fortes pour payer les intérêts de la dette, les pays pauvres exploitent leurs ressources naturelles (réserves de pétrole, gisements miniers etc.) pour les exporter à un rythme insoutenable. Cette voie de développement entretient un endettement sans fin. La politique de crédit de la Banque Mondiale encourage cette croissance non viable tournée vers les exportations.



Dix meilleurs exemples d’investissements

 

 
 

 


Les alternatives à l’exploitation du pétrole, du gaz, et des mines ne manquent pas. Les possibilités varient en fonction des pays. Cela n’est pas un problème si tout est entrepris pour que l’aide étrangère réponde directement aux besoins des démunis et présente des solutions durables aux problèmes écologiques. A cette fin, la Banque Mondiale devrait tout d’abord travailler avec les gouvernements afin d’élaborer une procédure de collaboration et consulter les citoyens dans les pays emprunteurs afin d’identifier les priorités du développement national où investir et les projets à soutenir financièrement. Il peut ne pas s’avérer opportun pour la Banque Mondiale d’investir dans tous ces secteurs. Le principe directeur est qu’elle restreigne son assistance financière dans les pays en voie de développement aux projets et programmes d’aide qui réduisent la pauvreté et promeuvent un développement écologique et social durable. On peut citer à titre d’exemples d’un développement meilleur que ce que fait la Banque Mondiale :


 

1. Le soutien de l’éducation et de la formation technique

L’investissement le plus bénéfique est celui qui soutient le capital humain. Une éducation de qualité permet à l’individu de défendre ses droits et d’exploiter avec imagination ses propres ressources. L’éducation de base est un droit fondamental et le fondement sur lequel repose une citoyenneté dynamique et informée. Elle est pourtant refusée à des centaines de millions d’enfants dans le monde. L’éducation primaire est cruciale, surtout celle des filles.

2. La défense de la santé publique

Des maladies dont la prévention est pourtant aisée continuent à tuer des millions de personnes chaque année. A peu près un enfant sur quatre meurt avant l’âge de cinq ans et les plus jeunes meurent de diarrhée dans beaucoup de pays d’Afrique sub-saharienne. Le monde doit répondre à l’impératif moral de remédier à ce scandale et à ce gâchis du potentiel humain.

3. Le soutien aux petites entreprises et à des micros projets

Le soutien des initiatives des petites entreprises et des micros projets présente des avantages sociaux évidents par rapport au crédit octroyé aux mégaprojets caractéristiques de la Banque Mondiale. Les plus petites entreprises procurent plus d’emplois par franc investi, sont plus susceptibles de réinvestir leurs gains dans l’économie locale et peuvent plus facilement cibler les besoins des femmes et des communautés marginalisées. Les occasions de promouvoir ces initiatives, de la fabrication de filtres de carbone à partir de fibres de noix de coco à la production d’aliments biologiques pour le marché local et régional, sont infinies.

4. L’aide à une agriculture qui réponde aux besoins de la population

Les projets et la politique de crédit de la Banque Mondiale ont souvent été associés avec l’accumulation des terres entre les mains de quelques-uns et la promotion d’une agriculture tournée exclusivement vers l’exportation compromettant la sécurité alimentaire. Elle doit au contraire jouer un rôle plus positif dans le développement d’une agriculture qui veille à la redistribution des terres.

5. La fourniture d’énergie aux plus démunis des zones rurales

A peu près deux milliards d’habitants des zones rurales n’ont pas accès à l’électricité et autres formes d’énergie. Alors qu’elle dispose d’une stratégie pour répondre à ces besoins, la Banque Mondiale ne l’a jamais mise en œuvre de façon appropriée. Elle oriente plutôt son financement vers le développement industriel et les zones urbaines, appauvrissant ainsi davantage les pauvres des zones rurales. La Banque Mondiale pourrait apporter l’énergie à des millions d’habitants des zones rurales grâce aux progrès réalisés dans le secteur des énergies renouvelables. L’analyse coût avantage démontre que dans la plupart des cas les énergies renouvelables permettent de mieux désenclaver les zones rurales.


 

6. Améliorer la qualité de vie dans les zones urbaines

La pollution, le crime et une qualité de vie déclinante sont les produits des villes champignon du monde en développement. La Banque mondiale devrait aider à modifier cette tendance en investissant dans des programmes aménagement du territoire, des méthodes de construction qui permettent des économies d’énergie et la maîtrise de la pollution. Des sites propres pour les transports en commun comme les véhicules ferroviaires légers contribueraient à réduire les problèmes de santé publique liés au transport. La Banque mondiale pourrait soutenir des innovations dans la construction et travailler avec des urbanistes. Elle pourrait aussi investir dans des programmes de lutte contre la pollution urbaine.

7. Développer des alternatives à la déforestation

D’après les propres analyses de la Banque mondiale, les projets qu’elle finance contribuent une importante déforestation. Il faut mettre l’accent sur les alternatives à la déforestation par la promotion de l’utilisation durable de certaines ressources forestières. Des alternatives innovantes existent, tel que le développement de l’écotourisme, des produits forestiers non ligneux. Les gouvernements devraient pouvoir étendre les zones protégées pour la conservation et la gestion durable des ressources parce que la protection des forêts est indispensable pour l’environnement mondial et les générations futures.

8. Encourager une utilisation économe de l’eau

La diminution des ressources en eau est une source d’inquiétude grandissante et un foyer possible de conflits. Malgré les sécheresses et son importance vitale pour la vie sur terre, des volumes énormes d’eau sont gâchés inutilement chaque année. Bombay perd 1/3 de son eau et Manille près de la moitié faute d’un système efficace. L’irrigation qui utiliser plus de la moitié de l’eau nécessaire pour les besoins humains est une source de grand gâchis. La Banque mondiale doit améliorer la qualité de vie en utilisant ses financements pour lutter contre le gâchis d’eau, améliorer la gestion et les systèmes d’irrigation.

9. Améliorer l’efficacité énergétique et développer les énergies renouvelables

Plutôt que de promouvoir la prospection et la production de combustibles fossiles, la Banque Mondiale devrait capter les centaines de millions de dollars perdus chaque année en raison du gâchis énergétique. Des investissements dans des technologies qui évitent les déperditions de chaleur, et des procédés de cogénération qui produisent simultanément de l’eau chaude et de l’électricité pourraient faire économiser aux clients de la Banque Mondiale des milliards de dollars dans les décennies à venir. Leur combinaison avec un éclairage économe en énergie et des techniques idoines de construction d’immeubles réduirait les importations d’énergie et, le cas échéant, permettrait d’exporter le surplus d’énergie. La Banque favoriserait ainsi une énergie qui n’aggrave pas la pollution ou le changement climatique en soutenant les nouveaux marchés des technologies éoliennes et solaires.


 

10. Annuler immédiatement la dette et reconnaître de la dette écologique

Le problème de la dette des pays les plus pauvres doit être résolu. La Banque mondiale doit annuler dès cette année la dette des pays pauvres très endettés et préparer un programme d’annulation pour les pays a revenu intermédiaire. La Banque mondiale doit aussi reconnaître l’existence d’une dette écologique du Nord envers le Sud. En effet, les consommateurs des pays industrialisés bénéficient de ressources naturelles à bas prix, tel que le gaz, le pétrole et les minerais exploités dans le Sud. L’exploitation de ces ressources a entraîné d’importants dommages pour l’environnement et les communautés.

Déclaration endossée par 200 groupes de 55 pays.






Par S.P.I (kouassi kouadio lucien) - Publié dans : société
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Mercredi 6 février 2008 3 06 /02 /Fév /2008 11:09

Profil de l'Industrie Pétrolière

 


Côte d'Ivoire

Le pays ouest-africain de la Côte d'Ivoire est mieux connu comme un pays raffinant que comme producteur de brut. Bien qu'il n'ait pas les amples gisements marins du Nigéria, il a cependant une modeste industrie amont. Ses réserves de pétrole brut sont estimées à 25 milliards de barils et les réserves utilisables de gaz à 23 milliards de m³ ou plus. Les gisements marins d'Espoir et Pelier commencèrent à produire à la fin des années 70 et atteignirent une production maximale de 28,000 barils par jour en 1986. Depuis, la production a baissé à moins de 4,000 barils par jour.

Une révision du régime fiscal pour le rendre plus favourable aux compagnies pétrolières étrangères stimula l'exploration et conduit à la découverte de Foxtrot, gisement marin de gaz, et en 1993 de Panthère, gisement de gaz et condensés, et de Lion, gisement de brut voisin en 1994. Ces deux gisements sont situés dans le bloc CI-11 en mer près de la côte à environ 90 km à l'ouest d'Abidjan. Il est estimé que la production de Lion atteindra 25,000 barils par jour. Les réserves paraissent suffisantes pour satisfaire la consommation pendant les 20 années prochaines. Le gisement contient également un important volume de gaz naturel. Il est prévu qu'à la fin de 1996 la Côte d'Ivoire aura un excédant de brut pour l'exportation, et également que le pays aura le gaz naturel pour produire toute son electricité thermique.

Les droits d'exploitation du gisement de Lion appartiennent à United Meridian International Corporation basée aux USA (25%) qui est la compagnie gérante, la compagnie pétrolière nationale Petroci (Société Nationale d'Operations Pétrolières de la Côte d'Ivoire) (40%), l'International Finance Corporation (15%), et la US Global Natural Resources et Pluspetrol de l'Argentine avec 10% chacun. Le coût de développement est estimé à 142 millions de USD. Le gisement de gaz Panthère appartient à United Meridien (28%), (IFC 26%), Pluspetrol (18%), GNR (18%), and Petroci (10%).

Lion commença à produire en mai 1995 avec 10,000 barils par jour, augmentant à 25,000 barils par jour à la fin de l'année. Selons les prévisions, le gaz de Panthère commencera au début de 1996, destiné à la production locale d'électricité avec l'excédant exporté au Ghana, pays voisin.

L'Apache Corporation et Petroci projettent le développement du gisement de gaz Foxtrot en mer au large de Jacqueville en association. Les réserves de ce gisement sont estimées à 15 milliards de m³. La Banque Mondiale a indiqué qu'elle avancera un prêt de USD 40 millions pour le développement du gisement qui est estimé à USD 120 millions. Toute la production de Foxtrot remplacera le mazout utilisé à présent pour la production d'électricité et dans le zone industrielle de Vridi.

Un pipeline le long de la côte est en construction vers la raffinerie SIR à Abidjan pour transporter la production de Lion et Panthère. L'achèvement du pipeline est prévu en octobre 1996 et permettra le transport combiné de 20,000 barils par jour et de 20 mmcf/d de gaz à la fin de l'année. Il est prévu que la plupart du financement proviendra de l'International Finance Corporation qui participe aux projet.

L'industrie pétrolière aval en Côte d'Ivoire est également un secteur important de l'économie. La consommation de produits pétroliers est à présent de l'ordre de 890 000 tonnes par an. Selon les chiffres publiés par la Banque Mondiale, la consommation en 1990 et les prévisions pour 2000 étaient les suivantes (en tonnes) :

         Produit           1990       2000     Croissance
         --------------------------------------------
         Essence         172 000    211 000     2.1%
         Petrole          68 000     83 000     2.0%
         Gasoil          378 000    421 000     1.1%
         Mazout          192 000    212 000     1.0%
         GPL              20 000     25 000     2.3%
         -------------------------------------------
         Total           830 000    952 000     1.4%

La Côte d'Ivoire a une raffinerie complexe à Abidjan de 3.000.000 tonnes par an (60 000 barils par jour) exploitée par la Société Ivoirienne de Raffinage (SIR), et une unité de production de bitume de 500 tonnes par an (10,000 barils par jour) gérée par la Société Multinationale des Bitumes (SMB).

La distribution et la commercialisation des produits pétroliers sont effectuées par la compagnie locale Petro Ivoire et 6 compagnies internationales :

          Compagnie  Part du Marché
          -----------------------
          Total            20%
          Shell            16%
          Mobil            16%
          Elf              16%
          Agip             12%
          Texaco           12%
          Petro Ivoire      8%

L'organisation d'état Petroci, qui à l'origine avait été conçue pour controler tout le secteur pétrolier du pays, limite maintenant ses activités aux secteurs d'exploration et production et vend ses intérêts dans les compagnies opérant à l'aval.

La commercialisation des lubrifiants est effectuée par les compagnies pétrolières. En plus, il y a deux autres marchands de lubrifiants en Côte d'Ivoire et dans les pays voisins. Lubtex est une filiale à 100% de Texaco Overseas Holdings. Elle a une capacité de 100,000 barils par an et fournit les lubrifiants à la Côte d'Ivoire aux noms de Texaco, Agip et Fina, aussi bien qu'aux pays voisins, Mali, Burkina Faso, Niger et Benin.

L'autre fournisseur de lubrifiants, SIFAL, est contrôlé par Elf, Mobil, Total, Shell et Petroci. En 1993 SIFAL fournît environ 59% des besoins du marché local.

Le soutage est effectué dans la région d'Abidjan. Agip possède la plus grande part du marché à 32% et a un chaland d'avitaillement de 10,000 m³. Les parts du marché des autres compagnies pétrolières sont Texaco 22%, Shell 18%, Elf 11%, Total 10% and Mobil 7%. SIAP (Société Ivoirienne d'Avitailements Portuaires) est une compagnie opérant des chalands et possédant des installations d'avitaillements. Les actionnaires en sont Texaco, la compagnie gérante, à 50%, Shell à 35% et Elf à 15%.

La capacité totale de stockage de produits commerciaux est de 777 000 m³. Selon la Banque Mondiale, la Côte d'Ivoire pourrait économiser USD 5,2 millions par an en rationalisant son infrastructure de stockage.

Les régions centrales et nord du pays sont desservies par Gestoci, une compagnie de stockage, filiale du gouvernement et de toutes les compagnies pétrolières. Gestoci a des réservoirs à Bouaké et Yamoussoukro. Les produits sont remis à des camionneurs sous contrats, qui les livrent directement aux stations-services et consommateurs.

Pour les zônes Sud, Est et Ouest du pays, le stockage des produits est assuré par SIEPP, une entreprise de stockage dans la zone industrielle de Vridi appartenant conjointement à Total et Texaco. La SIEPP a une capacité de 300,000 barils, elle est directement reliée à la raffinerie SIR et elle est gérée par Texaco.

Il y a un dépôt de stockage à San Pedro pour le ravitaillement de la partie Sud-Ouest du pays. Cependant, à cause du traffic réduit au port de San Pedro, il n'y a guère d'activité. Le dépôt de San Pedro appartient à la Société d'Entreposage de San Pedro S.A. (SESP), à son tour appartenant en parts égales aux compagnies distributrices.

Il y a deux dépôts à Abidjan. Les raffineries de SIR et SMB ont un dépôt de 227,000 m³. L'autre dépôt appartient à Agip, Mobil, Shell, SIEPP et Gestoci conjointement.

Les prix sur les marchés locaux sont entièrement assujettis à ce qui se passe au Nigéria. Des mesures ont été prises pour réduire la contrebande des produits pétroliers venant du Nigéria et cela a eu pour effet d'augmenter les prix locaux. Les marges brutes des compagnies distributrices et des stations-services sont contrôlées par le gouvernement. Les prix des lubrifiants ne sont pas contrôlés mais sont sanctionnés.

Les prix au détail (octobre 1995) en F CFA par litre sont :

          Essence standard  - 350
          Essence super     - 405
          Gasoil            - 270
          Pétrole           - 200

L'infrastructure de distribution consiste en fleuves, routes et voies ferrées, qui ont tous besoin d'amélioration. Le système de distribution est fortement subventionné et inefficace, consommateurs et fournisseurs n'étant pas encouragés à effectuer des économies ou des achats rationels au point de vue commercial.

L'industrie est gouvernée par le

Ministère des Mines et de l'Energie
B.P. V50
Abidjan
Côte d'Ivoire
telephone +225-21-50-03
télécopie +225-21-53-20

À l'heure actuelle, le Ministre de l'Energie est M. Mohammed Lamine Fadika.

Un nombre de conseillers en gestion et experts comptables fournissent soutien et services pour les projets de l'industrie pétrolière en Côte d'Ivoire, y compris Ernst and Young.

  tous droits reservés
KOUASSI KOUADIO LUCIEN
CONTACT: 22507369371 mobile

Par SECTEUR PETROLIER IVOIRIEN - Publié dans : société
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